bulletin de la Société Jules Verne


195 Novembre 2017

[ Éditorial

Peu d’écrivains sont plus identifiés aux illustrations de leur production littéraire que Jules Verne bien que celles-ci n’en fassent pas essentiellement partie. Mais est-ce bien vrai ? Les illustrations des éditions Hetzel, qui sont même entrées dans l’édition de la Pléiade, ne sont-elles que des images destinées à attirer le jeune public ? Ne risquent-elles pas de reléguer le texte qu’elles illustrent au second rang en s’emparant de notre imagination ? Ou sont-elles – comme l’a développé Masataka Ishibashi – un élément déterminant de la production éditoriale qui a influé sur l’écriture même des Voyages extraordinaires ?

Ce qui est indubitable, c’est que les illustrations jouent un rôle considérable dans la réception de l’œuvre vernien et ont contribué à consolider sa mémoire alors que les illustrateurs, dont nous présentons quelques-uns, ont souvent sombré dans l’oubli. Le seul qui ait survécu dans la mémoire commune est Gustave Doré, mais s’il a travaillé pour Hetzel, il n’a jamais illustré un texte de Jules Verne1. Les deux aspects contradictoires de cette réception des illustrations – leur dimension inspiratrice autant que réductrice – se retrouvent par exemple chez le peintre Paul Delvaux qui, tout au long de sa vie, n’a cessé de faire varier les deux portraits bien connus du professeur Lidenbrock et de Palmyrin Rosette. Les adaptations cinématographiques – ici sous l’exemple d’un feuilleton de L’Île mystérieuse – présentent la même ambiguïté en s’émancipant de l’original tout en s’ornant du nom emblématique de son créateur.

Nous reviendrons certainement aux illustrateurs dans un prochain numéro car le sujet est riche aussi bien en potentialités qu’en controverses, comme l’a montré récemment le beau cahier de la Revue 30322.

Outre les comptes rendus – dont certains s’apparentent au thème du dossier – nos collaborateurs présentent quelques contemporains de Jules Verne : son quasi-homonyme Julien de Verne, Gabriel Marcel qui fut le principal rédacteur des œuvres historiques de l’écrivain, ainsi que Albert Badoureau, l’ingénieur des mines amiénois qui, dans Sans dessus dessous, se métamorphosa en Alcide Pierdeux.
La rédaction.

1 La raison en est double : Doré demanda des honoraires plus élevés que la plupart de ses confrères ; d’autre part, il était parti pour Londres alors que le projet des Voyages extraordinaires s’installait et y passait beaucoup de temps où des commandes plus lucratives le retenaient.

2 Agnès Marcetteau-Paul (dir.) : Images de Jules Verne. Revue 303 n° 134 (Nantes), novembre 2014, 200 p. Voir, pour les détails de son contenu BSJV n° 188, avril 2015, p. 74.

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195 Novembre 2017

[ DOSSIER Illustrateurs et illustrations

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194 Mai 2017

[ DOSSIER AMIÉNOIS

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195 Novembre 2017

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Peu d’écrivains sont plus identifiés aux illustrations de leur production littéraire que Jules Verne bien que celles-ci n’en fassent pas essentiellement partie. Mais est-ce bien vrai ? Les illustrations des éditions Hetzel, qui sont même entrées dans l’édition de la Pléiade, ne sont-elles que des images destinées à attirer le jeune public ? Ne risquent-elles pas de reléguer le texte qu’elles illustrent au second rang en s’emparant de notre imagination ? Ou sont-elles – comme l’a développé Masataka Ishibashi – un élément déterminant de la production éditoriale qui a influé sur l’écriture même des Voyages extraordinaires ?

Ce qui est indubitable, c’est que les illustrations jouent un rôle considérable dans la réception de l’œuvre vernien et ont contribué à consolider sa mémoire alors que les illustrateurs, dont nous présentons quelques-uns, ont souvent sombré dans l’oubli. Le seul qui ait survécu dans la mémoire commune est Gustave Doré, mais s’il a travaillé pour Hetzel, il n’a jamais illustré un texte de Jules Verne1. Les deux aspects contradictoires de cette réception des illustrations – leur dimension inspiratrice autant que réductrice – se retrouvent par exemple chez le peintre Paul Delvaux qui, tout au long de sa vie, n’a cessé de faire varier les deux portraits bien connus du professeur Lidenbrock et de Palmyrin Rosette. Les adaptations cinématographiques – ici sous l’exemple d’un feuilleton de L’Île mystérieuse – présentent la même ambiguïté en s’émancipant de l’original tout en s’ornant du nom emblématique de son créateur.

Nous reviendrons certainement aux illustrateurs dans un prochain numéro car le sujet est riche aussi bien en potentialités qu’en controverses, comme l’a montré récemment le beau cahier de la Revue 30322.

Outre les comptes rendus – dont certains s’apparentent au thème du dossier – nos collaborateurs présentent quelques contemporains de Jules Verne : son quasi-homonyme Julien de Verne, Gabriel Marcel qui fut le principal rédacteur des œuvres historiques de l’écrivain, ainsi que Albert Badoureau, l’ingénieur des mines amiénois qui, dans Sans dessus dessous, se métamorphosa en Alcide Pierdeux.
La rédaction.

1 La raison en est double : Doré demanda des honoraires plus élevés que la plupart de ses confrères ; d’autre part, il était parti pour Londres alors que le projet des Voyages extraordinaires s’installait et y passait beaucoup de temps où des commandes plus lucratives le retenaient.

2 Agnès Marcetteau-Paul (dir.) : Images de Jules Verne. Revue 303 n° 134 (Nantes), novembre 2014, 200 p. Voir, pour les détails de son contenu BSJV n° 188, avril 2015, p. 74.

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